L'habitat éco-responsable

Construction bois et développement durable au quotidien

Cette plante que l’on maudit lorsqu’on s’y pique a des vertus inestimables en décoction au point de devenir source de conflit entre firmes phytosanitaires et défenseurs de l’ortie libre.

Avant toute explication voici cette « recette » séculaire que nous donnent les auteurs de l’ouvrage Purin d’ortie et Cie :

  • « Au printemps, dès que les orties poussent et avant qu’elles ne fleurissent, récoltez 1 kg de feuilles fraîches et mettez à macérer dans 10 litres d’eau de pluie pendant 8 jours. Filtrez avec un tissu, mettez en bouteille et stockez au frais. Ce purin, très concentré, ne doit jamais être utilisé pur. Pulvérisez à 5% en solution sur toutes vos plantes, tous les dix à 15 jours selon leur croissance, il fortifie, vivifie et protège des pucerons et des maladies. En solution à 20% arrosée tous les 10 à 15 jours, c’est un excellent engrais et régénérateur du sol. » 
De nombreuses autres plantes sont présentées pour leurs propriétés stimulantes ou fongicides.
Celles-ci, l’ortie en tête présentent des vertus dont le développement pourrait être une alternative, en accès libre et gratuit, aux pesticides. Mais le combat s’avère difficile, en voici les trois grandes étapes :
  • La première interdiction remonte à 2002 et est suivie en 2006 par la loi d’orientation agricole (LOA). Cette loi stipule que la diffusion des connaissances est interdite et que toute préparation agricole doit être homologuée (coût d’une homologation entre 200 et 300 000€). S’ensuit pour celui qui vend ou donne un produit non homologué ou diffuse la recette une amende de 75 000 €. Le collectif Ortie et Compagnie monte au créneau pour prendre la défense de l’ortie.
  • Dans le cadre de la loi sur l’eau en décembre 2006, un amendement dit du « purin d’ortie » est voté par les députés et accepté. Cet amendement soustrait du cadre de la LOA ces fameux purins qui prennent désormais l’appellation de  »Préparations naturelles peu préoccupantes » (PNPP) et renvoie à la rédaction d’un décret permettant une procédure d’homologation allégée. Ce décret n’étant pas satisfaisant pour les défenseurs de l’ortie, une Association pour la Promotion des Produits Naturels Peu Préoccupants (ASPRO-PNPP) est créée fédérant associations, chercheurs, entreprises et la collectivité de Périgueux.
  • Le décret du 23 juin 2008, issu de la loi sur l’eau de 2006, exige l’inscription des matières actives utilisées dans les purins sur une liste européenne, selon une procédure longue, coûteuse et complexe. L’ITAB (Institut Technique de l’Agriculture Biologique) a tenté après 15 mois de travail de présenter cinq dossiers. Aucun n’a été validé par l’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments). Selon ASPRO-PNPP cette situation est en totale contradiction avec l’amendement de 2006. Tout ce joue actuellement entre l’annexe I de la directive européenne 91/414 CE et le Grenelle II.  
Les alternatives aux pesticides proposées par les PNPP ne sont donc pas prête de voir le jour. Certains lobbies semblent oeuvrer dans les coulisses du parlement pour ne pas passer à côté de cette manne que représenterai ces alternatives aux pesticides.
(Source : « La troisième guerre de l’ortie a commencé« , article d’Agnès Sinai) 


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